POUR INFO: Fonctionnaires: cinq raisons de dédramatiser les coupes voulues par Fillon

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Si François Fillon devenait président, il supprimerait 500.000 postes de fonctionnaires. Un chiffre qu’on a tort de trouver effrayant…Francois Fillon, lors d'un rassemblement de campagne à Paris, le 25 novembre 2016

 

Jamais aucun candidat à la présidence de la République n’avait avancé un chiffre aussi élevé: s’il conquiert l’Elysée (ce qui n’est pas fait !), François Fillon entend réduire le nombre d’agents publics de 500.000. Spectaculaire! Mais faut-il avoir peur de cet épouvantail? Voici cinq bonnes raisons de résister à la panique.

1. Aucun fonctionnaire ne perdra son emploi

La sémantique paresseuse qui est souvent utilisée dans les médias sur le sujet est très trompeuse: « Fillon veut supprimer 500.000 postes de fonctionnaires », entend-on souvent. Gasp. Qu’on se rassure, il ne s’agit pas… de les passer par les armes, ni même d’ailleurs de les jeter dehors: protégés par leur statut, tous les fonctionnaires ont un emploi à vie, ils ne le perdront pas. L’idée de Fillon est de supprimer des POSTES de fonctionnaires, ce qui consiste à ne pas renouveler ceux d’une partie des fonctionnaires partant à la retraite. Donc, nulle famille éplorée ni a fortiori mise sur la paille par ce projet!

2. Le chiffre de 500.000 n’a rien de délirant

500.000, ça semble beaucoup. Mais il faut savoir que la France compte 5,6 millions d’agents publics. 500.000 de moins, c’est donc une réduction de 8,9%, cela étalé sur cinq ans –dit autrement, et à supposer que la réduction soit lissée dans le temps, il s’agit de réduire le nombre d’agents publics de moins de 2% par an. Référence intéressante: les collectivités locales ont accru leurs effectifs de 2,9% par an entre 2004 et 2010. Autre référence: la Cour des comptes a établi que la fonction publique française a vu ses effectifs grimper de 36 % (deux fois plus vite que le privé) entre 1980 et 2008. Avait-on l’impression, avant cette dérive spectaculaire, que la France était notoirement sous-administrée, ou qu’elle était un enfer social? Pas vraiment…

3. D’autres ont fait bien plus!

David Cameron,en Grande-Bretagne, a réduit les effectifs publics de 600.000 postes en moins de cinq ans. Sous Obama, qui n’est pas spécialement réputé antisocial, 720.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés aux Etats-Unis. « Affreux anglo-saxons! », dira-t-on. D’accord. Regardons ailleurs, alors. Au Canada, dans les années 90, un cinquième des agents de l’Etat ont carrément été… licenciés. Au début du siècle, le Portugal a réduit ses effectifs de 6% en trois ans. Aujourd’hui, il ne renouvelle qu’un départ à la retraite… sur dix.

4. La France compte un nombre de fonctionnaires atypiquement élevé

En France, près de 23% des actifs travaillent dans le secteur public -deux fois plus qu’en Allemagne ou en Suisse, une fois et demi plus qu’en Italie. Nous comptons environ 80 fonctionnaires pour 1000 habitants, c’est 50 ou 60 dans les pays comparables (par exemple l’Allemagne). Nous avons donc sans aucun doute une marge importante.

5. Trois espoirs pour les fonctionnaires

Si la réforme est bien faite et qu’elle est l’occasion d’une remise à plat des missions et de l’organisation de la fonction publique, les fonctionnaires restant en poste pourraient bien y gagner. D’abord, parce que l’hypothèse actuelle d’un relèvement du temps de travail à 39h payées 37h leur donnera un surcroît de pouvoir d’achat – leur rémunération horaire sera certes rabotée, mais moins qu’elle n’avait été accrue lors du passage aux 35h.

Ensuite parce que les 35 heures ont été la source de bien des désorganisations et bien des souffrances professionnelles, en particulier à l’hôpital où les rotations sont devenues ingérables. Enfin parce que les emplois à supprimer sont les moins utiles et ceux qui ont le plus récemment proliféré (coordination, contrôle, conformité, communication, qualité…) au détriment des missions centrales des agents et de leur qualité de vie professionnelle.

Pour finir, n’oublions pas que la réduction de la fonction publique a un objectif qui profitera à tous: redonner des marges de croissance au pays en soulageant la sphère marchande d’une partie du poids du financement de la sphère publique, lequel est aujourd’hui l’une des raisons de notre perte de compétitivité globale

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