Primaire de gauche: A Paris, Macron se pose en « candidat du travail »

A moins de cinq mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron, auto-proclamé « candidat du travail », a effectué samedi à Paris une première démonstration de force devant quelque « 15.000 personnes » et levé le voile sur un pan économique et social de son programme.

Lui qui a longtemps entretenu un faux suspense autour de son ambition élyséenne est cette fois entré de plain-pied dans la campagne, plongé dans la ferveur d’une foule nombreuse et acquise, pour ce premier grand meeting parisien tenu Porte de Versailles.

« C’est un rêve fou qui est en train de se réaliser », a ainsi clamé un Emmanuel Macron galvanisé derrière son pupitre, et qui a reçu le soutien de quelque 120.000 adhérents (gratuits) à son mouvement, En Marche !.

Sous les yeux de plusieurs dizaines d’élus, dont le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, qui coordonne la recherche de parrainages, de l’ancien président de la Région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, mais aussi des avocats proches de François Hollande, Jean-Pierre Mignard et Dominique Villemot, l’ancien ministre de l’Economie, démissionnaire en août dernier, a ainsi témoigné de la vigueur de son mouvement qui revendique « 15-20.000 personnes actives » sur le terrain, selon son entourage.

De même source, « 3,7 millions d’euros » ont aussi été récoltés auprès de « 12.000 donateurs », avec l’objectif d’atteindre « 8-9 millions d’euros » et d’en emprunter autant pour l’ensemble d’une campagne qui se structure de jour en jour.

En attendant, trois semaines après son annonce de candidature, M. Macron a donné un peu plus corps à son programme – « un projet cohérent », assure-t-il – alors que ses adversaires l’ont régulièrement égratigné sur la vacuité ou le flou supposés de ses propositions.

Entre deux salves d’applaudissements et durant plus d’une heure quarante, Emmanuel Macron a déroulé ses mesures, organisées autour d’une idée-force: « libérer » et « protéger », pour « réconcilier notre pays avec le goût du risque ».

– Aller ‘plus loin’ –

Dans cette perspective, il s’est posé en « candidat du travail », promettant une baisse de son coût pour toutes les entreprises et un maintien de la durée légale à 35 heures.

« Je maintiendrai les allègements de cotisation déjà décidés ces dernières années mais je transformerai le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de

charges pérennes », a-t-il ainsi promis, renouvelant sa proposition de supprimer les cotisations maladie et chômage payés par les salariés, transférées sur une hausse de la CSG.

L’ancien conseiller de François Hollande a aussi assuré que les salaires nets augmenteraient grâce à ces mesures.

Après avoir promis d’aller « plus loin » dans la décentralisation et s’être de nouveau prononcé en faveur d’une autonomie des université, des établissements scolaires, des hôpitaux, afin de « libérer les territoires », M. Macron a décrit ses « trois « boucliers, de sécurité, social et européen ».

Dans son allocution, version précisée de son discours du Mans mi-octobre, il a aussi promis l’embauche de 10.000 fonctionnaires de police et de gendarmerie et redit sa volonté de réinventer une « police de proximité » et de « rebâtir le renseignement territorial ».

Sur le volet social, il s’est engagé, contrairement à François Fillon, à ne « dérembourser aucun soin » et a lancé des pistes pour « refonder le système de formation » en plaidant pour la création « d’un service public de la formation et de l’activité ». Il a aussi évoqué une assurance chômage « universelle », y compris pour les démissions, et un « devoir de travailler » quand une offre « décente » était proposée à un chômeur.

« Plus personne ne parle d’Europe », a-t-il enfin déploré, en invoquant notamment la

nécessité d’une « politique commerciale » commune pour faire face à la « concurrence déloyale des Chinois et des Indiens ». « L’Europe est notre meilleure protection (…), notre identité, notre rêve commun », a-t-il souligné.

Dans les semaines à venir et jusqu’à fin janvier, M. Macron doit poursuivre le « déploiement de son programme », selon son entourage, avec des annonces davantage axées sur le « régalien » (justice, défense…) puis le « sociétal », et un « meeting important mi-janvier en province ».

10/12/2016 19:24:34 –  Paris (AFP) –  © 2016 AFP

WordPress theme: Kippis 1.15
%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils