Mais pourquoi Macron est-il si soutenu par BFM TV? Macron du neuf ? Macron du vent.

 

Jusqu’ici, tout va bien…

LE BLOG D’ERIC VERHAEGHE

Mais pourquoi Macron est-il si soutenu par BFM TV?

 

Pas mal, le soutien massif de BFM TV à Emmanuel Macron. On a l’habitude de voir les mêmes informations passer en boucle sur cette chaîne, donc on n’est pas complètement surpris. Mais à ce point tout de même… La chaîne n’en a pas démordu de toute la journée, comme si plus rien d’autre ne se passait en France que la déclaration de candidature de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée.

Quand on y regarde de près, on se pose quand même quelques questions sur la machine médiatique qui a décidé (avec maladresse) d’installer le jeune Macron dans le fauteuil du sauveur de la République.

Drahi, Macron et Bernard Mourad

Les amateurs d’entrefilets à signaux faibles ont évidemment noté cette information passée inaperçue début octobre: Patrick Drahi, homme d’affaires sulfureux, surendetté et très influent pèse de tout son poids dans la campagne du jeune Macron. Il lui a même délégué l’un de ses meilleurs colonels: Bernard Mourad.Bernard Mourad, le patron d’Altice Media Group va abandonner ses fonctions dans les prochains jours pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron comme conseiller spécial. (…) Ce proche de Patrick Drahi a choisi de nouvelles missions auprès de l’ex ministre de l’Economie, un ami de plus de 15 ans.

Son arrivée structure le mouvement « En Marche!», lancé en avril dernier par Emmanuel Macron, pour le transformer en véritable parti politique. Bernard Mourad sera plus spécifiquement en charge des questions et relations avec les sphères économiques. Cet ancien banquier d’affaires devrait également apporter une aide précieuse, grâce à ses réseaux, dans la recherche de financements pour la campagne présidentielle. (…)

Auparavant directeur général de Morgan Stanley à Paris, Bernard Mourad s’est fait connaître pour avoir épaulé Patrick Drahi sur ses deals dans les télécoms, notamment le rachat de SFR, en 2014. Durant sa carrière de banquier d’affaires, il s’était également construit une solide réputation dans le secteur des médias en conseillant l’américain Hearst dans le rachat des magazine internationaux de Lagardère. Il avait aussi conseillé Mondadori dans l’acquisition d’Emap France et accompagné des fonds d’investissement pour la reprise d’une partie de Vivendi Publishing.Tiens! tiens! on en apprend des choses. En tout cas, Macron est bien placé pour expliquer qu’il est « contre le système » et qu’il veut rompre avec lui

Drahi et BFM TV

À propos, je ne sais pas si vous vous souvenez que, après avoir racheté SFR en 2014, Drahi a racheté NextRadio, propriétaire de… BFM TV, en 2015. L’ensemble, appelé Altice Media, est fusionné par Mourad avec SFR en 2016. Il comporte d’autres titres bien connus comme l’Express qui, lui non plus, ne ménage ni son temps ni sa peine pour donner une bonne image de Macron.

Amusant non? un patron de presse qui soutient massivement un candidat à la présidentielle jusqu’à lui faire occuper la une de tous ses titres en disant du bien de lui…

Quand Macron faisait un gros cadeau à Drahi

Oui, mais… en 2014, l’histoire du rachat de SFR par Drahi mérite qu’on s’y arrête de près.

Lorsque Drahi présente sa candidature au rachat, il entre en concurrence avec Bouygues. Montebourg est alors ministre de l’Economie et s’oppose à la candidature de Drahi:«Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser!»

disait à l’époque Montebourg. Nous sommes alors en mars 2014

Et puis Montebourg, à la rentrée 2014, est viré du gouvernement. Et puis Macron lui succède. Et puis BFM TV nous apprend un jour que Macron vient d’autoriser discrètement le rachat de SFR par Drahi.Le 28 octobre, le ministre de l’Economie a discrètement donné son feu vert à l’opération.

Ce feu vert était nécessaire suite au décret sur les investissements étrangers, signé le 14 mai dernier par Arnaud Montebourg justement. Ce décret soumet à l’approbation de Bercy tout rachat dans les télécoms.

Oh! le joli cadeau… dont Le Monde a décrit les bienfaits financiers pour Drahi lui-même.

Macron attendu au tournant?

Ces petites histoires, évidemment, tout le monde les connaît, et elles ne devraient pas tarder à jouer un vilain tour à Macron. Celui-ci va très vite devenir un puissant gêneur. Donc…

Dans le cas des soutiens très voyants accordés à Macron par les titres de Drahi, il ne s’agit plus seulement de maladresse. Il s’agit d’une véritable provocation, que ses adversaires ne tarderont pas à torpiller. Macron a beaucoup fricoté avec les milieux d’affaires… Jouer, aujourd’hui, aux parangons de la rupture va constituer un exercice véritablement difficile à mener.

Jamais élu, Macron évoque pourtant «sa» circonscription en direct à la télé

  • Par Arthur Berdah
  • Mis à jour
  • Publié
Emmanuel Macron sur le plateau de TF1, le 1er février 2017.

LE SCAN POLITIQUE – Voulant faire d’une pierre deux coups en attaquant les emplois présumés fictifs de l’épouse de François Fillon et en se défendant d’avoir abusé de ses frais de représentation à Bercy, le leader d’En Marche! s’est pris les pieds dans le tapis. Contacté, son entourage assure toutefois qu’il s’agit d’un simple «malentendu» et qu’il cherchait précisément à balayer les soupçons en précisant qu’il ne disposait d’aucune terre d’élection.

Tel est pris qui croyait prendre. Invité du 20 heures de TF1 mercredi soir, et ce alors que plusieurs affaires de supposés détournements de fonds publics agitent la classe politique actuellement, Emmanuel Macron a longuement insisté sur sa probité supposée. Une manière pour lui de faire d’une pierre deux coups, en se distinguant à la fois de François Fillon et des emplois présumés fictifs de son épouse, et en se défendant d’avoir lui-même abusé de ses frais de représentation lorsqu’il était à Bercy.

Ainsi l’ancien ministre a-t-il souligné qu’il était «aujourd’hui le seul candidat à l’élection présidentielle qui n’ait pas payé par le contribuable pour faire autre chose». «Le jour où j’ai été candidat, j’ai démissionné de la fonction publique, en remboursant à l’État ce que je lui devais. De l’extrême gauche à l’extrême droite, tous les candidats, excepté votre serviteur, sont payés par le contribuable pour être qui député, qui député européen. C’est une vraie question qu’on est en droit de se poser», a-t-il martelé.

Son entourage évoque un «malentendu»

Mais l’ancien ministre s’est pris les pieds dans le tapis en voulant trop en faire. «J’ajoute à cela – parce qu’il faut qu’on soit précis jusqu’au bout, et c’est très important pour nos amis téléspectateurs – que pour ma part, je n’ai jamais eu dans mon cabinet un collaborateur s’occupant de ma circonscription. Ce qui est à peu près le cas de toute la classe politique depuis des décennies. Vous ne l’aurez pas trouvé chez moi: je n’en avais pas, tout le monde était consacré à la tâche», a-t-il cru bon de préciser fermement.

Problème: contrairement à «toute la classe politique», Emmanuel Macron ne dispose en réalité d’aucune circonscription… puisqu’il n’a jamais été élu à un scrutin local ni national. «Je n’ai jamais voulu être candidat, aujourd’hui je n’ai pas envie d’être député en 2017. Ça c’est le cursus d’un ancien temps», soufflait-il d’ailleurs en septembre 2015. Une contradiction dénoncée par de nombreux parlementaires et anciens ministres, comme la socialiste Aurélie Filippetti ou les Républicains Dominique Tian et Lionnel Luca.

Contacté, l’entourage de l’ancien ministre de l’Économie admet qu’il s’est «mal exprimé» mais assure qu’il s’agit d’un simple «malentendu». «Lorsqu’il dit “je n’en avais pas”, il parle justement de sa circonscription, pas des collaborateurs chargés de s’en occuper! Il est parfaitement au courant qu’il n’a pas de circonscription, et il est parfaitement au courant que tout le monde est au courant», explique-t-on dans un sourire. Selon ce proche, cette précision visait d’ailleurs précisément à balayer les soupçons éventuels.

 

 

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