Présentation des propositions santé de François Fillon

 

Discours devant La Mutualité Française

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs.

Tout d’abord merci à la Mutualité française d’avoir organisé cette journée de présentation  des programmes santé des candidats à l’élection présidentielle. Chacun sait que j’ai voulu placer la santé au cœur de mon projet ! Cela m’a valu d’être caricaturé, d’être dénoncé comme le chantre de la privatisation de la sécurité sociale et le faux nez  des assureurs privés.

Le chœur de tous ceux qui ne veulent rien changer s’est déchainé. Comme aurait dit Edgar Faure, les forces de l’immobilisme se sont mises en mouvement et rien ne pourra les arrêter !

Mais comment justifier ce déni et ce refus de poser la question de l’articulation des rôles entre sécurité sociale et organismes complémentaires. C’est pourtant bien un sujet central… sauf à vouloir étatiser notre système de santé et supprimer les complémentaires comme certains n’ont pas hésité à le proposer.

J’ai alors voulu mettre cartes sur table et entendre toutes les critiques et toutes les propositions. Mon équipe a donc poursuivi tout au long du mois de janvier les auditions de l’ensemble des acteurs de la santé et de la protection sociale. Tous ceux qui voulaient être entendus ou faire des propositions l’ont été.

Cela me permet de faire un premier constat, d’ailleurs corroboré par votre sondage. Nos compatriotes sont attachés à notre système de santé et d’assurance maladie. Mais ils sont inquiets pour son avenir. Inquiets car ils constatent qu’il se dégrade. Inquiets car ils savent bien que ses problèmes de financement menacent sa pérennité. Nous avons vu aussi combien les professionnels de santé sont démotivés et démoralisés. L’absurde généralisation obligatoire du tiers payant est le symbole d’une intervention étatique et de cette méfiance du gouvernement envers les professionnels libéraux d’une part, mais aussi envers les complémentaires, avec ces contrats responsables qui n’ont de responsables que le nom !

Arrêtons donc la politique de l’autruche. Partageons ce diagnostic sur davantage de liberté et de responsabilité que j’avais fait dès l’automne dernier et proposons les solutions pour sauvegarder notre sécurité sociale.

C’est ma démarche. C’est ma méthode : un travail en concertation avec tous les acteurs !  Et d’ailleurs, si les Français me font confiance, j’organiserai fin 2017 / début 2018 des assises de notre système de santé. Ce système doit être réformé, doit rester solidaire, et doit rester fondé sur la médecine libérale. C’est ainsi que nous assurerons ainsi sa pérennité.

Sur la base des consultations menées en janvier voici, très rapidement,  le cœur  de mes propositions :

  • Premièrement, mieux soigner : cela vaut dire mieux prévenir avec une prise en charge par l’assurance maladie d’une consultation de prévention tous les deux ans pour tous les Français. Cela veut dire ensuite une meilleure organisation des soins nous permettant de sortir de l’hospitalo-centrisme tout en modernisant notre hôpital public par un choix résolu en faveur de son autonomie, en donnant toute leur  place  aux établissements de santé privés et en  confortant le rôle de la médecine de ville.

Priorité sera donnée à la mise en oeuvre des parcours de soins dont le médecin traitant sera l’acteur central.

Priorité également à la recomposition de l’offre hospitalière et à la lutte contre les déserts médicaux.

  • Deuxièmement, mieux rembourser : Il n’y a pas de fatalité à ce que l’assurance-maladie ne couvre que l’hospitalisation et les affections de longue durée et se désengage des soins courants, comme c’est le cas aujourd’hui.

Le remboursement à 100% par la sécurité sociale des lunettes pour les enfants sera réalisé.

De façon plus large, nous viserons un reste à charge 0 pour les dépenses les plus coûteuses pour les ménages avec un nouveau partenariat entre la sécurité sociale et les complémentaires. Le président Beaudet a, en effet, évoqué, il y a quelques semaines, un plan d’ensemble sur la prise en charge des dépenses de santé entre assurance-maladie et complémentaires. C’est ce que nous devons faire. C’est le sens de la création de l’agence associant État, caisses de sécurité sociale, organismes complémentaires et professionnels de santé : elle permettra de préparer des accords sur le partage des remboursements entre l’assurance-maladie qui doit rester le pilier de notre système de santé, mais en lien avec les complémentaires. Et cela de façon transparente et organisée. Et c’est dans ce cadre que nous pourrons mettre à plat les différentes taxes qui touchent les complémentaires.

Nous examinerons ensemble comment améliorer l’aide à l’acquisition d’une couverture santé pour les seniors, les grands oubliés de la pseudo généralisation de la complémentaire santé du gouvernement actuel !

Enfin, je vous le redis avec force, il n’est pas question de toucher à l’assurance-maladie et encore moins de la privatiser ni même de baisser son taux d’intervention. C’est en rendant plus lisible la couverture par l’assurance-maladie obligatoire des dépenses de santé que nous rendrons aussi plus justes les remboursements des soins pour les Français.

  • Dernier axe fort : mieux gérer. Impossible de continuer avec un déficit quasi structurel de l’assurance-maladie. Nous ferons 20 milliards d’économies sur 5 ans grâce à des efforts d’efficience et nous maintiendrons la progression de l’ONDAM en deçà de 2% chaque année. On va enfin s’attaquer, de façon cohérente et concertée, à toutes les causes de « non-qualité » de notre système de santé : le recours excessif à l’’hôpital, l’insuffisante coordination des soins, le trop grand nombre de soins redondants et inutiles.

Cela demandera des efforts à chacun : professionnels, patients. Mais ce sont justement ces efforts qui nous permettront de mieux rembourser, de ramener durablement l’assurance-maladie à l’équilibre et de répondre aux défis de l’accès pour tous aux innovations thérapeutiques.

Voilà Mesdames et Messieurs, le projet de sauvegarde de la médecine libérale et de notre système de santé et de sécurité sociale que je vous propose. Je suis allé à ce qui me semblait l’essentiel ce matin ; il comportera naturellement d’autres mesures.

Loin des caricatures et des procès d’intention, c’est un projet de modernisation et de régulation concertée, un projet qui fait confiance aux acteurs, à tous les acteurs libéraux et hospitaliers dont je connais l’implication au service de la santé de nos concitoyens!

Comité seynois de soutien de François FILLON

 

FILLON 2017

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