Simone VEIL un destin français

 

Simone Veil, née Jacob, voit le jour le 13 juillet 1927 à Nice. Issue d’une famille bourgeoise, elle est élevée en compagnie de son frère Jean et de ses sœurs Madeleine et Denise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle n’a que 16 ans et qu’elle vient de passer son Bac, elle est arrêtée par les Allemands en 1944. Toute la famille est déportée dans des camps de concentration. Pour Simone, sa mère et Madeleine, la destination est le camp d’Auschwitz-Birkenau. La famille est décimée: son père, sa mère et son frère ne reviendront jamais. Seules Simone et ses sœurs survivent.

«Soixante ans plus tard, je suis toujours hantée par les images, les odeurs, les cris, l’humiliation, les coups et le ciel plombé par la fumée des crématoires», confiait Simone Veil à l’occasion du 60e anniversaire de la libération des camps. «Comme tous mes camarades, je considère comme un devoir d’expliquer inlassablement aux jeunes générations, aux opinions publiques et aux responsables politiques, comment sont morts six millions de femmes et d’hommes dont un million et demi d’enfants, simplement parce qu’ils étaient nés juifs», expliquait-elle en 2007.

Vendredi après-midi, la communauté juive a exprimé son émotion. Des voix se sont aussi elevées pour demander son inhumation au Panthéon, où seules quatre femmes reposent.

 

 

Simone Jacob rebâtit sa vie dans le Paris de l’après-guerre. Quelques mois après son retour de déportation, elle intègre la faculté de droit et Sciences Po. Elle y rencontre à 19 ans son futur mari Antoine Veil, dont elle aura trois fils, et Georges Pompidou, alors professeur, qui deviendra son mentor en politique après une première carrière dans la magistrature. Son époux, haut fonctionnaire tenté par la politique, penche vers le centre droit. Elle se passionne pour Pierre Mendès-France et vote plusieurs fois à gauche, en attendant de voir émerger une troisième force, entre socialistes et gaullistes. Gagnée par le virus de la politique, Simone Veil se tourne vers la droite et œuvre tout au long de sa carrière au rassemblement des familles centristes et gaullistes.

Elle entre en 1969 au cabinet du garde des Sceaux, René Pleven, puis devient l’année suivante secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature, avec la bénédiction de Georges Pompidou, avant d’être propulsée dans l’entourage de Jacques Chirac, jeune premier ministre. Ce n’est qu’en 1974 que le grand public la découvre lorsqu’elle est nommée ministre de la Santé par Valéry Giscard d’Estaing. À ce poste, elle mène le grand combat de sa vie politique: la loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Devant une Assemblée nationale qui ne compte alors que 9 femmes, elle prononce l’un des discours les plus controversés de la Ve République. Il faudra trois jours de débats pour faire voter la loi sur l’IVG. Cette action, restée gravée dans la mémoire des Français, fera d’elle une de leurs personnalités préférées durant de très nombreuses années.

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